• CHF 3.8 millions pour Abionic

    Nicolas2901.jpg Nicolas Durand, CEO d'Abionic

    Les co-fondateurs d’Abionic, Nicolas Durand et Iwan Märki, se sont rencontrés à l’EPFL dans le cadre de leur doctorat. Même si le courant est passé tout de suite entre eux, ils se sont laissé 9 mois pour voir s’ils étaient compatibles sur le plan professionnel. Un pari gagné: Abionic vient de lever 3.8 millions de francs suisses pour accélérer le développement de son système de test d’allergies pour cabinets médicaux. Nous avons rencontré Nicolas Durand pour parler de cette excellente nouvelle et de ses projets pour l’avenir.

    Nicolas Durand, vous venez de lever un montant conséquent. Comment allez-vous utiliser cet argent?
    Nous avons plusieurs objectifs stratégiques. Nous voulons d’abord obtenir la certification américaine (la «FDA 510k» dans le jargon) qui nous permettra de vendre nos produits aux Etats-Unis. C’est une étape fondamentale pour la valorisation de notre entreprise. Nous devons également améliorer notre test d’allergies avant de passer à la phase de vente intensive, ce qui nécessitera un nouveau round de financement. Notre objectif commercial actuel est de lancer notre produit auprès de cabinets d’allergologues et de l’améliorer grâce à leur feedback. Nous nous attaquerons d’abord au marché suisse, allemand et anglais, en 2015. Le marché américain suivra, à partir de 2016.

    Que vous reste-il encore à faire pour obtenir le test d’allergies parfait?
    Nous devons développer notre catalogue d’allergènes. Imaginez: il existe une centaine d’allergies et beaucoup restent encore à découvrir. Heureusement, nous nous concentrons sur les principales, soit environ une vingtaine. Dans le domaine des allergies, il faut plusieurs tests pour que les allergologues soient intéressés. Par opposition, un test de détection du cancer du sein n’implique qu’une seule maladie. Développer le test idéal prendra plus de temps que prévu. Cela nécessite de nombreux domaines d’expertises, comme la microtechnique, les nanotechnologies et la biologie.

    Est-il facile de vendre, sans passé entrepreneurial?
    Vendre n’est pas ce qui nous fait le plus peur. Nous sommes sûrs du potentiel de notre produit et nous avons réussi à le démontrer à maintes reprises. Son développement, sa production et sa mise en place est plus difficile par contre. C’est pourquoi nous nous entourons de gens qualifiés au sein de notre équipe. Nous pouvons également compter sur le soutien de personnes comme Jordi Montserrat et Beat Schillig: grâce à eux et aux programmes venture kick et venturelab, nous avons pu acquérir une vision globale de notre activité et ne pas nous perdre dans les détails. Je recommanderai d’ailleurs à toutes celles et ceux qui souhaiteraient se lancer dans l’écosystème des start-up suisses de passer par ces programmes. Mon voyage à Boston en 2010 avec les venture leaders a été un des meilleurs moments de ma carrière d’entrepreneur.

    Quel manque(s) votre test d’allergies comble-t-il sur le marché?
    Les appareils de diagnostic médical rapides ne sont pas nouveaux: prenez par exemple ceux qui mesurent le taux de sucre dans le sang, pour les diabétiques. Notre technologie est différente car elle permet de détecter des concentrations moléculaires très faibles, ce qui est adapté pour des applications comme les allergies par exemple. La rapidité et l’instantanéité de notre test est un élément clé pour les médecins et les patients, qui peuvent tout de suite savoir à quelle(s) allergie(s) ils ont affaire.

    La concurrence vous fait-elle peur?
    Beaucoup d’entreprises essaient de faire la même chose que nous, dont plusieurs sont de grande taille. Cela ne me fait pas peur. Il y a de la place pour tout le monde sur le marché de la détection des allergies et des pathologies en général.

    Votre technologie détecte les allergies. Serait-il possible de l’appliquer à d’autres pathologies?
    C’est possible et nous commençons à explorer la piste d’une plateforme technologique pour la détection d’autres maladies (p.ex., maladies cardiaques ou auto-immunes, cancer, Alzheimer). Nous avons choisi de commencer par l’application des allergies pour des raisons stratégiques, même si ce n’est pas la plus simple (rires!). Cependant, ces dernières touchent tout le monde et elles nous permettent de montrer tout le potentiel de notre technologie, un travail que nous menons en ce moment même. Plusieurs critères doivent encore être vérifiés avant que nous lancions d’autres applications.

    On pourrait qualifier votre produit d’outil bénéfique pour l’humanité. Il vous reste pourtant à terminer des essais cliniques avant son lancement. Pourquoi?
    C’est intéressant, car culturel. En Europe, notre produit est considéré comme absolument sûr. Si une allergie est détectée, elle est acceptée comme telle. Aux Etats-Unis, tout est différent: allergie ou cancer, les américains ne font aucune différence s’agissant de diagnostic médical. Nous devons donc prouver cliniquement que notre solution fonctionne. En Chine par contre, aucune différence n’est faite entre un test de provocation (p.ex. faire manger une cacahuète à une personne potentiellement allergique et observer les symptômes) et un test d’allergie in vitro comme le nôtre. Piquer un doigt pour recueillir une goutte de sang est donc considéré comme aussi dangereux qu’une réaction allergique provoquée.

    En résumé, quel sera le facteur de succès essentiel pour Abionic?
    Clairement, de prouver notre capacité sur le marché en montrant que notre technologie fonctionne. Cela nous paraît faisable: c’est le cas et son homologation est presque terminée. Il nous reste à étendre notre catalogue d’allergies et à valider d’éventuelles futures applications.

    Le recrutement est un élément incontournable pour les start-up. Comment gérez-vous cela depuis la création d’Abionic en 2010?
    Notre équipe est aujourd’hui composée de 12 personnes. Elle est avant construite pour être opérationnelle, principalement dans la recherche, le développement et la production. Depuis peu, nous pouvons compter sur l’appui d’un CFO. En tant que CEO, je peux maintenant me concentrer sur le développement de l’entreprise, la création de nouvelles opportunités et la stratégie. Au niveau du conseil d’administration, Abionic compte deux nouveaux membres. Ils nous aident à prendre les bonnes décisions.

    Abionic détient un record en termes de prix et de distinctions, ce qui a dû vous demander beaucoup de travail. Comment conciliez-vous cela avec la gestion quotidienne de votre entreprise?
    C’est vrai que nous détenons le record (rires)! Nous avons d’ailleurs mis les concours au cœur de notre stratégie de communication depuis le début. Ce «tableau de chasse» a pourtant peu de poids pour un investisseur. Ce qui compte, c’est l’opportunité faite à chaque fois de présenter notre projet, d’améliorer notre message pour convaincre bailleurs de fonds et clients. Ces concours nous apportent également une grande visibilité et créent de la valeur. Le fait que nous ayons été élus 3ème meilleure start-up de Suisse est une consécration pour nous.

    Quel est le meilleur conseil que vous ayez reçu depuis le début de votre carrière?
    Si tu penses que tu peux le faire, alors fais-le!

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